Il y a des séries qui se construisent consciemment, avec un fil directeur arrêté dès le départ. Celle-ci n’est pas de celles-là. Elle s’est constituée au fil des années, au gré des voyages et des hasards, sans intention particulière. Un jour, en triant des archives, le constat s’est imposé : j’avais photographié des véhicules partout où j’étais passé. Pas par obsession, juste par réflexe.
Ce qui relie ces images, c’est moins le sujet lui-même que ce qu’il dit de l’endroit et du moment. Une remorque rouillée abandonnée au bord d’une route Bulgare. Une voiture hors d’âge qui finit ses jours dans la cour d’un haveli en Inde, entourée de fresques. Un Trabant rouge garé dans les rues pavées de Prague. Un camion chargé à ras bord de passagers sur les routes sud-africaines. Une gondole sur le Grand Canal, un voilier au large des calanques, une vedette qui fend l’eau entre les palais vénitiens. Une Coccinelle customisée Coca-Cola posée devant une grande roue à Agde. Un side-car noir quelque part en Bretagne. Et un wagon, à Birkenau, photographié en silence.
Dix photos, dix véhicules, une dizaine de pays et d’années. Chaque image a sa propre lumière, sa propre ambiance. Il n’y a pas de cohérence esthétique revendiquée — c’est une collection, pas un projet. Certains de ces véhicules sont en mouvement, d’autres sont à l’arrêt depuis longtemps. Certains font sourire, un seul pèse lourd.
C’est ça, finalement, qui fait tenir la série : le véhicule comme prétexte. Un prétexte pour parler d’un endroit, d’une époque, d’une façon de vivre ou de se déplacer. D’un bout du monde à l’autre.
La série complète ICI
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