Il y a des projets qu’on reporte depuis un moment. Photographier des riders en action, c’était dans un coin de ma tête depuis un bail. Trop occupé, pas le bon timing, le ciel couvert, l’appareil dans le coffre… On trouve toujours une bonne raison.
Et puis il y a les jours où on se lève, on attrape le boîtier et on marche. Ce matin-là à Fougères, le soleil avait décidé de jouer franc jeu — lumière franche, ombres nettes, pas de nuage pour venir brouiller les cartes.
Une piste, des tricks, et une bonne surprise
Je traversais le quartier quand j’ai repéré Mathis sur le skatepark. Le genre de gars qui ne fait pas semblant : il enchaîne, il tombe, il recommence, sans se préoccuper du reste. Skate, BMX, trottinette — il jongle entre les trois avec une aisance qui donnait clairement envie de sortir le déclencheur.
On a échangé quelques mots, il a accepté qu’on travaille ensemble. Et voilà comment une balade s’est transformée en séance photo.
La lumière, alliée et ennemie
Photographier en plein soleil, c’est une négociation permanente. D’un côté, des lumières dures qui sculptent le mouvement, qui font ressortir les textures du béton et la tension dans les bras d’un rider au sommet de sa trajectoire. De l’autre, des ombres portées qui mangent les visages et des contrastes qui débordent.
Il faut choisir son camp — ou plutôt, choisir son angle. Placer le soleil dans le dos, chercher les instants où le sujet passe dans la lumière sans être noyé dedans.
Les photos couleur jouent là-dessus à fond : saturation naturelle, béton chaud, ciel piqué. Les noirs et blancs, eux, tirent vers autre chose — la concentration, l’effort, une certaine intemporalité que la couleur dilue parfois.
Merci Mathis
Ce genre de rencontre, c’est aussi ce qui rend la photo de rue intéressante. On ne pose pas. On ne prépare rien. On compose avec ce qu’on a — un gars, un skatepark, un soleil de plomb — et on voit ce que ça donne.
Ça donne ça.
Son Insta est ici.
Appareil : Nikon Z — Fougères, skatepark. Série disponible en galerie.
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